Les matinées classiques ont connu un succès retentissant. C’est pourquoi, l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo a décidé d’inclure dans ces programmes matinaux une session de rattrapage à 17h. Amateurs de grande musique, vous n’avez plus d’excuse. Ce dimanche à 11h et 17h Yakov Kreizberg et Daniel Müller-Schott donneront dans le néo-classique !
11h et 17h. Deux options pour s’enivrer encore et encore soit pour avoir le droit à l’erreur le dimanche ! Les accros à l’option couette dominicale pourront donc terminer, désormais, leur week-end en beauté à l’OPMC.
Ce dimanche, Yakov Kreizber et Daniel Müller-Schott vous emmèneront dans un univers néo-classique. D’abord un concert pour violoncelle en Mi bémol majeur de Dimitri Chostakovitch ensuite, la symphonie n°7 en La majeur de Beethoven. Le premier de Dimitri Chostakovitch, a des proportions modestes, il ne dure pas trente minutes, comprend les trois mouvements traditionnels, mais on notera avant le finale, une longue cadence imposée qui constitue à elle seule un moment essentiel de l'œuvre.
Le second de Beethoven est totalement différent ! A l'été 1811, ayant séjourné à Teplitz où il rencontrera la cantatrice Amélie Sebald qui fut son dernier amour, Beethoven se livra tout entier à cette "humeur violente" dont il parle lui-même à propos de la composition de la
7ème Symphonie, mise en chantier durant l'hiver suivant, achevée en mai 1812 et créée à Vienne le 8 décembre de la même année. Cet état d'esprit anime toute l'œuvre, dès l'introduction Poco sostenuto, qui ouvre le Vivace en forme de sonate, dont le second thème contient des éléments rythmiques du premier. L'obsession du rythme s'apaisera un moment et un crescendo savamment ménagé imposera la lumineuse tonalité de La majeur. "Le miracle de la musique moderne, où l'art le dispute au génie, la science à l'inspiration, versant à flots les plus irrésistibles effets de la mélodie, de l'harmonie, de l'instrumentation et du rythme". Il faut se pénétrer de ce jugement de Berlioz pour bien entendre l'Allegretto en la mineur qui repose sur un mouvement de marche lente d'un rythme caractéristique et persistant. Le voile sombre qui couvre la pensée du musicien s'écarte un instant et Beethoven jette sur le passé un regard doux et triste. Mais le voile retombe et l'on entend comme un soupir, le même accord qui avait préludé à cette page d'une intense beauté. Un dimanche tout en émotion à l’Auditorium Rainier III…