Rares sont les expositions réellement intéressantes à la galerie du Gildo Pastor Center. En 4 toiles et une bonne dose de créativité fleuretant avec le conceptuel, Sébastien Mehal réussit un véritable tour de force : rendre cette salle attrayante. L’occasion donc de parler de Liberty, expo en 4 actes plutôt bien pensée…
Loin des croutes auxquelles nous sommes habitués le plus clair du temps, la Galerie du Gildo Pastor Center respirera jusqu’au 3 janvier au rythme effréné de la réflexion urbaine jetée sur la toile. 4 grandes toiles, 4 pavés dans la mare dans un lieu où le classicisme ennuyeux est plutôt de rigueur. Comme un flash qui surprend une voiture dans sa folle course, on fait vite le tour de ce « big painting » clin d’œil au gigantisme de la mégalopole baignant dans l’Hudson River. On entre face à une statue de la Liberté stylisée, épurée, dans l’antichambre du minimalisme. Un graphisme quasi Marvel rappelant le Gotham City pensé par Washington Irving, cité imaginaire des super-héros new-yorkais. De la flamme il ne reste que la matière, tombante, dégoulinante évoquant un « dripping » sur chevalet. Le fond version bichromie rappelle l’urbanisme dans un pigment emprunté à l’industrie automobile. Puis les mots s’emparent du champ pictural. Les phrases se mêlent et conceptualisent un peu plus l’œuvre proposée par Mehal ! « In english » bien entendu, posées sur ce fond presque trop clair, éblouissant, aveuglant rappelant les néons qui gèlent l’instant, la lumière éternelle parfois oppressante, parfois rassurante et si représentative de la vie urbaine. Un peu plus loin, c’est New York même que Mehal épinglera à l’épicentre de sa toile « argent néon » ! Avec la même insistance et la même dévotion pour la projection de peinture, il taille un portrait éblouissant de simplicité à Big Apple relatant certainement l’anonymat ambiant des centres urbains. On ne vit qu’à travers un cigle, une marque déposée et ici, il s’agit de New York…