La fête nationale bat son plein aujourd’hui. Grand’messe, prise d’armes, remises d’insignes, « hourras » sous les fenêtres du Palais et pour les plus chanceux, soirée de gala, avec au programme « La flûte enchantée ». Un opéra aux milles facettes, sûrement la plus aboutie des œuvres lyriques d’un certain Wolfgang Amadeus Mozart.
Si le Top 50 avait existé au 18e siècle, pas de doute, Mozart aurait régulièrement squatté la plus haute marche du podium. Avec « La Flûte enchantée », c’est à une succession de tubes à laquelle vous aurez droit. Le plus célèbre d’entre eux étant « Der Holle Rache kocht in meinem Hersen ». Vous ne voyez pas ? Mais si, le moment où la Reine de la Nuit fait des « ha ha ha haaa » à n’en plus finir et tellement aigus qu’elle en casserait presque les verres de votre vaisselier. Une performance que seules les meilleures cantatrices exécutent sans forcer, contrairement à tous les chanteurs de salle de bains qui s’abîment la voix devant leur glace. Mais trêve de plaisanterie, car l’oeuvre du grand Mozart mérite un peu plus de considération tant elle est considérable. Dernier opéra joué du vivant du génie de Salzbourg, « La Flûte enchantée » est un conte de fée agrémenté d’un voyage initiatique aux consonances très maçonniques. Les musicologues ont d’ailleurs déniché de nombreuses références à l’ordre notamment l’omniprésence du chiffre trois (trois rythmes répétés trois fois dans une tonalité comportant trois bémols à la clé), symbole d’équilibre du monde chez les francs-maçons. Une fable épique et fantastique qui n’occulte pas pour autant la musique du Maître, qui, à travers des airs mêlant chorals protestants et chansons populaires, est au faîte de son art. Dirigé par le compositeur le 30 septembre 1791, le succès de l’opéra est immédiat. Bien que passé de mode, Mozart se retrouve soudainement face à une avalanche de commandes qu’il ne pourra honorer puisqu’il meurt le 5 décembre de la même année. En quelques mois, La Flûte enchantée est représentée près de 100 fois. Dix ans plus tard, plus de 100 villes l'ont déjà accueillie. A Monaco, pour la fête nationale, c’est Philippe Auguin qui sera à la baguette. Demandé par les plus grands opéras, il dirigera au Grimaldi Forum la partition mise en scène par Jean-Louis Grinda, directeur de l’Opéra de Monte-Carlo. Une soirée prestigieuse qui donne à la fête nationale un éclat magistral.
Plus d’infos : L’opéra donnera deux autres représentations de « La Flûte enchanté » au Grimaldi Forum le vendredi 21 novembre à 20h et dimanche 23 novembre à 15h .
Renseignements :
www.opera.mc - (377) 98 06 28 28