Mardi 18, à l’appel des syndicats de l’industrie et par solidarité avec les employés de Sofamo-Biotherm environ 400 personnes s’étaient données rendez-vous devant le Louis II ! Objectif, manifester ses craintes quant à l’avenir du secteur industriel en Principauté…
Les mines étaient graves, concernées en ce froid mardi après-midi. Bien entendu, tout Sofamo-Biotherm tenait le pavé, les 198 employés ne sachant pas à quelle sauce ils vont être mangés étaient plus que jamais mobilisés par cet appel multi-syndical ! Ravel Richard le confirmait bien avant que le cortège ne s’engouffre dans les rues étroites de Fontvieille : « Pour l’instant rien ne bouge et nous sommes encore et toujours là pour nous battre et obtenir un plan social exemplaire » expliquait-il à un parterre de journalistes.
Ils étaient tous là, de Lancaster à Ivensys les salariés ont tous ce mot dans la bouche : « que va-t-il advenir de l’industrie à Monaco ? » Car c’est bien là le nœud de la discorde en ce mardi après-midi ! Jean-François Guidi, secrétaire général des chimiques plastiques raconte soucieux : « Le Gouvernement dit qu’il veut garder l’industrie en Principauté, mais la situation n’est pas claire. Il a été mentionné par Jean Paul Proust qu’il allait falloir faire face à d’autres plans sociaux ! Ce qui nous gêne c’est le coup par coup dont nous sommes victimes, il n’y a aucune visibilité sur ce que va devenir l’industrie de transformation et au niveau des plans sociaux rien n’existe ici. Pire, nous avons même l’impression que c’est une non reconduction du bail à Fontvieille parce qu’il y a eut des modifications au journal officiel au niveau des bâtis. Je demande aujourd’hui solennellement à Robert Calcagno d’avoir une visibilité sur les délaissés de la SNCF et la ZAC St Antoine ! On a le droit de savoir… » A cœur ouvert, les manifestants assènent des « l’industrie ce n’est pas finit » même si la majorité des marcheurs reste sceptique : « Je ne suis pas serein, j’ai l’impression qu’il y a une sape du secteur industriel. Je reste positif mais j’ai quand même quelques doutes face à la situation » témoigne Yves !
Ainsi donc, une motion adoptée par l’ensemble des manifestants a été déposée à la Fédération Patronale et à la Direction du Travail. Dans ses grandes lignes, ce texte réclame une clarification sur la politique et les actions menées par le Gouvernement monégasque dans le secteur industriel, l’ouverture des négociations avec les employeurs pour la mise en place de textes protecteurs dans le cas où le licenciement ne pourrait être évité ainsi qu’un droit au chômage technique. Le plus fou dans cette histoire c’est que l’on sent les leaders syndicaux prêts à quasi tout entendre, voir même à comprendre qu’il est plus rentable pour le pays d’implanter des entreprises à haute valeur ajoutée et qu’en ce sens les positions du Gouvernement seraient judicieuses. Cependant, ils demandent tous, haut et fort, une clarification sur leur avenir, des plans d’accompagnement, de reconversion, bref un semblant de droits sociaux et de respect au pays du Far-West…